10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 19:22

JEUDI 26 OCTOBRE

Nous partons pour Boukhara en voitures avec chauffeurs que nous avons réservées à l'office du tourisme, elles sont plus anciennes que celle que nous avions eu par l'agence Zamin Travel. Le trajet doit durer environ 7 heures en grande partie sur une voie rapide et traverse le désert du Kizil-Koum. Nous avons pris deux voitures séparées pour plus de confort; d'une part, le trajet est long et d'autre part, le réservoir de gaz occupe grandement le coffre et il y a peu de place pour les bagages. De plus, nous avons lu que la route avant et après la voie rapide est en très mauvais état. Pendant le trajet, nous ferons un arrêt dans une station pour recharger le réservoir de gaz. Les passagers ne sont alors pas autorisés à rester dans la voiture par sécurité. La majorité des véhicules roulent au gaz en Ouzbékistan, ils en produisent beaucoup pour eux-mêmes et ils en exportent.

Nous ne mettrons que 5h30 pour faire le trajet, nos deux conducteurs roulent comme des fous et il valait mieux ne pas regarder la route pour ne pas être stressé !

BOUKHARABOUKHARA

Nous sommes confortablement installés dans les chambres simples de la Sokhrob Barzu Guesthouse. L'accueil est agréable et nous aurons chaque matin des petits déjeuners variés et bons. De plus, c'est très bien placé, juste à côté du bassin Liab-I-Khaouz.

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Nous mangeons quelques gâteaux et fruits avant de partir à la découverte de la ville.

Nous décidons de nous dégourdir les jambes après le trajet en voiture et nous allons à l'ouest du centre ville dans le parc Samani. Le lieu est calme et familial, bien fleuri (avec des pieds de basilic) et arboré. Nous y visitons le mausolée d'Ismael Samani, achevé en 905, il est le second plus ancien mausolée du monde musulman. Il n'a été découvert qu'en 1930 car il était entièrement recouvert de terre, ce qui l'a protégé de la destruction. Il est une représentation symbolique de l'univers et il comprend 18 combinaisons géométriques différentes. Sa fabrication en briques de terre cuite cimentées avec du jaune d’œuf et du lait de chamelle lui a permis de résister aux tremblements de terre.

Au fond du parc, les quelques kilomètres restants des remparts de l'oasis de Boukhara qui ont été longs de 12 km. C'est près de la porte restante que se tenait le marché des esclaves remplacé aujourd'hui par un bazar.

BOUKHARA
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Nous revenons vers le centre ville en passant devant l'Ark, forteresse de l'Emir, bien éclairée au soleil couchant. Nous admirons juste après l'iwan avec ses colonnes et ses plafonds peints de la mosquée Bolo-Hazouz, en activité. Nous passons ensuite à l'ensemble Poy-Kalon, resplendissant des couleurs du coucher de soleil.

Nous dînons très bien au restaurant Minzifa.

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VENDREDI 27 OCTOBRE

Après un bon petit déjeuner, sur une idée de Jocelyne, nous partons à 9h avec un guide francophone (Aka Solih) conseillé par notre hôtel pour découvrir la ville.Nous empruntons un dédale de ruelles (en hauteur, les tuyaux sont les canalisations du gaz) pour rejoindre au nord-est de la ville, le "Tchar Minor",(quatre minarets en Tadjik). C'est une partie d'une ancienne et vaste madrasa de 1807, elle a été détruite en grande partie par les bombardements soviétiques de 1920. A l'arrière, certaines parties en bois ont gardé des textes des sourates. Notre guide nous explique qu'avant, il y avait quatre nids de cigognes au sommet des minarets. Les cigognes ont disparu d'Ouzbékistan depuis l'assèchement des marais dû à la culture intensive du coton menée par les soviétiques; elles ne trouvent plus de quoi se nourrir(grenouilles).

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Nous allons sur la place Liab-i-Haouz avec en son centre, l'un des plus grands bassins de Boukhara qui en comptait plus d'une centaine. La plupart des bassins ont été détruits lors des bombardements de 1920 et ils ont été comblés. Actuellement, des travaux de restauration réimplantent ces bassins dans la ville afin de garder l'eau et d'empêcher un phénomène de capillarité qui détruit le soubassement de nombreux bâtiments. A l'ouest du bassin, la Khanaka utilisée pour les débats de l'enseignement ou les cérémonies religieuses, c'est aujourd'hui un petit musée de la céramique.

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Le bassin est aussi entouré par deux madrasas. Nous entrons dans la madrasa Koukeldash qui date de 1569. Le portail en noyer est magnifiquement travaillé, les fenêtres ajourées sont recouvertes de majolique.

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Nous admirons ensuite la façade de la madrasa Nadir Divanbegi du XVII ème siècle avec ses oiseaux fantastiques qui tiennent dans leurs serres des moutons.

Devant, la statue du mollah Nashrudin Hodja qui apparaît dans plusieurs contes soufis.

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Nous entrons dans un des nombreux caravansérails encore présents dans Boukhara et réaménagés souvent en restaurants ou en boutiques de souvenirs. La place centrale permettait de mettre les chevaux ou les bœufs qui tiraient les charrettes de marchandises. Tout autour, les logements. Les chameaux restaient à l'extérieur.

Les marchés couverts de Boukhara n'en portent plus que le titre; ce sont maintenant des passages dominés par des coupoles où se sont installés des échoppes de souvenirs.

Entre le marché couvert des changeurs et celui des bijoutiers, nous voyons la MaghokI-Attar (fosse des herboristes) avec sa façade du IXème siècle, à l'intérieur,un musée du tapis et quelques céramiques. Les fouilles ont mis à jour les traces d'un temple Bouddhique et zoroastrien. La mosquée aurait aussi servi de synagogue jusqu'au XVIème siècle. Boukhara porte ainsi une image de tolérance et de cosmopolitisme.

Nous passons sous les coupoles du troisième marché couvert, celui des chapeliers. On aperçoit les dômes bleus de la mosquée Kalon.

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Notre guide nous emmène maintenant à l'ensemble Kalon, du nom du minaret, haut de 48m qui domine la place. Il a été construit en 1127 et a assez bien résisté aux tremblements de terre grâce à ses fondations profondes remplies de roseaux. Gengis Khan détruisit tous les monuments de Boukhara sauf ce minaret qu'il admirait, dit-on, tant pour son architecture que pour son importance stratégique. On peut voir les traces des coups de canon des bolchéviques en 1920. 

Le minaret est recouvert d'une succession d'anneaux en briques avec des motifs géométriques tous différents. Certains anneaux sont recouverts de faïences bleues.

L'UNESCO a participé à sa restauration. Il n'est pas ouvert au public.

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Avant d'aborder les monuments de cette place, nous découvrons la madrasa Abdul Aziz Khan du XVII ème siècle et qui ne ressemble pas aux autres, elle est plus colorée. Sur la façade, sous un vase, des serpents. A l'intérieur, dans le mirhab, le visage dissimulé d'Abdul Aziz Khan. Celui-ci, chiite, aurait voulu contourner l'interdiction sunnite de représenter des être vivants.

Dans la cour intérieure, des échoppes de souvenirs sont installées dans les anciennes chambres des étudiants. 

Le guide nous conduit à l'une d'elle qui a été gardée en l'état pour montrer les conditions de vie de ces étudiants, c'est petit mais bien décoré.

 

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En face, la madrasa Ulug Beg, érigée en 1417, une des plus ancienne d'Asie centrale, avec ses majoliques bleues de la cour intérieure qui sont en cours de restauration. A l'intérieur, là encore des boutiques de souvenirs, au mur, des photos anciennes noirs et blancs de Boukhara. Nous voyons une femme qui brode un suzanni.

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Nous abordons l'ensemble Kalon en commençant par la madrasa Mir-i-Arab, en activité et dans laquelle on ne peut pas entrer plus loin que le hall. Notre guide nous explique que dans toutes les madrasas, il y a de part et d'autre, la salle d'étude et la salle de prière.Dans celle-ci, il y a en plus des tombes de hauts dignitaires.

 

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En face, la mosquée Kalon du XVIème siècle qui peut accueillir jusqu'à 10 000 fidèles. Elle a été utilisée comme garage pendant l'époque soviétique et elle était très endommagée avant sa restauration. Dans la vaste cour intérieure, un petit mausolée à la mémoire des victimes de Gengis Khan. Les galeries sont couvertes de 288 coupoles.

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Nous passons devant l'Ark, ancienne forteresse de l'émir où nous n'entrons pas avec notre guide. Nous marchons jusqu'au parc Samani où l'on revoit le mausolée d'Ismael Samani. Notre guide nous fait découvrir le Mazar Chachma Ayoub que nous n'avions pas vu la veille. C'est un lieu très vénéré, son nom se traduit par "source de Job", les pèlerins y viennent pour l'eau sainte.A l'intérieur, un musée est consacré à l'histoire et aux différentes techniques d'alimentation en eau de Boukhara, nous le visitons..

 

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Notre guide nous emmène au marché attenant puis nous passons devant les anciens remparts. Avant de nous quitter, Akah Soli nous conseille un restaurant agréable, en plein air, face à la mosquée Bolo-Haouz où c'est l'heure de la prière.

Nous sommes enchantés de la visite guidée et nous demandons à notre guide de nous accompagner le lendemain pour une visite à l'extérieur de la ville.

 

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Nous passons le reste de l'après midi à flâner entre l'ensemble Kalon et le bassin Liab-i-Haouz en prenant des photos.

Nous regardons les souvenirs, entre autres des tampons métalliques pour faire les dessins sur le pain et les chapeaux de fourrure, Michel en essaie un avec beaucoup de succès !

 

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Nous allons ensuite au Hammman Kunjak, réservé aux femmes, où Jocelyne et moi voulons nous renseigner pour y venir. Nous sommes très bien accueillies, il n'y a personne et on nous propose de visiter. C'est un bâtiment ancien, avec du charme mais nous trouvons la salle où on doit nous masser vraiment étouffante.

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Nous rejoignons ensuite la madrasa Nadir Divanbegi où nous entrons pour voir les différents stands d'artisanat.

Nous dînons dans un restaurant aux environs de la place Liab-i-Haouz, moins bien qu'au Minzifa.

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SAMEDI 28 OCTOBRE

Nous partons en voiture (à 6) avec notre guide à l'extérieur de la ville pour visiter un lieu saint : le mausolée de Baha-Al Din Naqchband, qui vécut au XIVème siècle et fondateur d'un ordre Soufi, le plus répandu en Asie centrale. Le rituel du pèlerinage est imité sur celui de la Mecque. L'ensemble architectural se compose de plusieurs bâtiments construits entre le XVIème et XXème siècle.

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Nous reprenons la voiture, un peu serré avec quatre personnes à l'arrière !

Nous partons  visiter le palais d'été (Sitori-I- Mokhi Khosa) d'Alim Khan, le dernier émir. L'extérieur des bâtiments a été réalisé par des architectes russes dans l'esprit des palais pétersbourgeois car l'émir voulait recevoir le tsar en grande pompe. Les artisans locaux ont fait la décoration extérieure. Il y a là trois bâtiments transformés en musée : les appartements et les salles de réception de l'émir avec la salle blanche et ses murs couverts de gantch ciselé sur un fond de miroir, le palais octogonal qui présente une collection de costumes et le harem qui expose des suzanis. Devant celui-ci, s'étend un bassin où étaient les concubines.Notre guide nous raconte que l'émir jetait une pomme à l'épouse choisie pour la nuit du pavillon en bois qui surplombe le bassin.

Dans les jardins, nous achetons des miniatures auprès d'un artisan, Feruz Temurov.

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Nous rentrons déjeuner à Boukhara et nous quittons notre guide Aka Soli que nous avons beaucoup apprécié.

Nous passons l'après midi à nous promener dans des rues de Boukhara plus éloignées du centre. Nous découvrons la mosquée Gaoukoushan, fermée, et la madrasa qui lui fait face transformée en restaurant. De l'autre côté, un ancien caravansérail où nous allons voir une exposition photo (photos anciennes de Boukhara et de ses habitants).

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Nous marchons ensuite jusqu'à la maison de FaIzoullah Khodjaiev(ancien président de la république populaire du Turkestan) qui complota avec les Bolchéviks pour renverser l'émir et qui plus tard, fut liquidé par Staline.La maison a été bâtie en 1891 par son père, un marchand fortuné. En 1925, elle servi d'école aux bolchéviks. Elle a été restaurée et l'ensemble est très agréable à visiter. A l'intérieur, quelques anciennes photos de Boukhara.

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Nous revenons vers le centre ville où le soleil de la fin de journée donne des jolis tons dorés aux bâtiments.

Nous dînons au restaurant Saroi.

 

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DIMANCHE 19 OCTOBRE

Ce matin, nous commençons la journée en entrant dans la kanaka Nadir-Divanbeg située près du bassin Liab-I-Haouz. Le petit musée installé à l'intérieur présente une maquette de la ville, des céramiques et des photos anciennes de Boukhara.

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Nous empruntons de nouvelles rues pour rejoindre le bazar animé et coloré que nous avait montré notre guide le premier jour. Nous découvrons une autre madrasa et une mosquée de quartier. Au marché, nous achetons du safran et du raisin. Nous voyons un stand avec du Halva composé de crème de sésame avec parfois des fruits secs et plus loin, un bidon d'huile de coton, très utilisé ici; elle est bien plus foncée que l'huile de tournesol.

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Le Plov préparé sur le marché est appétissant, nous décidons de déjeuner là. Un couple attablé nous invite à rejoindre leur table, ils ont fini leur repas et ils nous laissent la place. Auparavant, ils nous font goûter leur thé vert avec des grands sourires et le monsieur insiste pour que l'on sache qu'il est originaire du Turkmenistan, ils sont très sympathiques.

Les portions sont copieuses, nous prenons une assiette pour deux avec du thé et de l'eau minérale. Le raisin est notre dessert.

 

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Nous revenons vers le centre ville en passant devant deux madrasas du XVIème siècle : Abduxollon et Modarison. Nous allons ensuite goûter un thé ou un café épicé à la Silk Road Teahouse, agréable café bien décoré.

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Nous allons visiter l'Ark, ancienne cité royale, forteresse de l'émir, habitée du Vème siècle à sa destruction lors d'un bombardement de l'armée rouge. A l'intérieur, il reste quelques appartements royaux transformés en musée (livres anciens, reconstitution de l'intérieur d'une maison Ouzbek, des jouets en céramique pour enfants), la mosquée du vendredi et la salle de réception et du couronnement.

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Nous allons voir pour terminer cette journée, la prison située derrière l'Ark ou Zindon. Les cachots et les fers montrent des conditions d'emprisonnement très rudes.

Nous retournons dîner au restaurant Minzifa, notre préféré dans cette magnifique ville de Boukhara.

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commentaires

Cyrille 13/10/2018 21:58

Bonjour cela semble magnifique mais on dirait qu'il n'y a pas de contact avec la population locale. Les rues semblent vides .est ce que l on arrive à rencontrer les habitants ? Bien cordialement

Michel et Patricia: carnet de voyage 15/10/2018 10:41

Bonjour, effectivement sur cette série de photos, on ne voit pas beaucoup la population; ce n'est pas la même chose sur d'autres photos ailleurs dans le pays. La population locale est très accueillante même si la langue fait barrage car les habitants parlent ouzbèke évidemment et souvent le russe, peu l'anglais. Nous avons eu fréquemment des sourires et des regards chaleureux de bienvenue. Certains voulaient se faire prendre en photo avec nous. La région de Ferghana est le lieu où les habitants ont été le plus démonstratifs à notre égard. Dans les grandes villes touristiques, les rencontres sont moins fréquentes. On vous recommande d'aller en Ouzbékistan sans hésitations, vous ne serez pas déçu.